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Riba, Gharar, Maysir : les interdits fondamentaux expliqués simplement

À la base de la finance islamique, il ne s’agit pas de créer une finance « religieuse », mais de corriger des dérives économiques. Ces trois notions – riba, gharar et maysir – constituent le cœur des interdits financiers en islam. Mieux les comprendre, c’est mieux investir.

1. Pourquoi ces interdits sont-ils au cœur de la finance islamique ?

La finance islamique repose sur une logique de justice contractuelle, de transparence, et de répartition équilibrée des risques. Elle interdit donc les pratiques considérées comme :

Injustes : où l’une des parties tire un profit garanti sans effort.

Aléatoires : où le gain dépend du hasard ou d’une information asymétrique.

Spéculatives : où la valeur repose sur des promesses vides ou une bulle artificielle.

Ces trois pratiques sont ribagharar et maysir. Détaillons-les simplement.

2. Le riba : l’intérêt injuste

Définition :

Le riba désigne tout gain prélevé sur une somme d’argent simplement par le passage du temps, sans lien avec un bien ou un service réel. C’est l’interdiction de l’intérêt dans les transactions monétaires.

Exemples concrets :

• Un prêt à 3 % sur 10 ans pour acheter un bien immobilier = riba

• Un découvert bancaire avec agios = riba

• Un crédit renouvelable ou une carte de paiement différé = riba

Pourquoi c’est interdit ?

Parce que l’argent produit de l’argent sans effort ni risque, créant une asymétrie entre prêteur et emprunteur. Cela favorise la dette, la dépendance, et peut mener à l’injustice sociale.

3. Le gharar : l’incertitude excessive

Définition :

Le gharar fait référence à toute forme d’incertitude, d’ambiguïté ou d’imprécision dans un contrat. Cela concerne aussi bien le prix, l’objet, la durée ou les modalités d’une transaction.

Exemples concrets :

• Acheter un bien sans savoir s’il est en bon état

• Signer un contrat d’assurance où les termes sont flous ou déséquilibrés

• Investir dans un produit financier dont le fonctionnement est incompris

Pourquoi c’est interdit ?

Parce que cela ouvre la porte à la tromperie, au litige, ou au hasard pur, ce qui peut créer des conflits et de l’injustice.

4. Le maysir : la spéculation et le jeu de hasard

Définition :

Le maysir renvoie à toute forme de jeu de hasard, de spéculation excessive ou de pari, où le gain d’un participant résulte de la perte d’un autre.

Exemples concrets :

• Jeux de grattage, paris sportifs, casinos = maysir

• Trading ultra-court terme ou spéculatif (crypto, actions volatiles sans projet réel)

• Produits dérivés sans couverture réelle

Pourquoi c’est interdit ?

Parce que cela crée une logique de zéro-somme : le gain de l’un implique la perte de l’autre. Cela pousse à la cupidité, à l’avidité, au stress, et à des comportements irrationnels.

5. Est-ce que tout est interdit alors ?

Non ! La finance islamique n’interdit pas le profit, ni l’entrepreneuriat, ni l’investissement. Elle impose simplement des règles de transparence, de responsabilité et de respect mutuel.

Au lieu du crédit avec intérêts : on préfère le partenariat équitable.

Au lieu de la spéculation : on privilégie l’investissement dans des projets tangibles.

Au lieu des contrats flous : on exige des contrats clairs, équilibrés et justes.

6. Concrètement, que faire quand on veut respecter ces principes ?

Voici les premières étapes que tu peux suivre :

Analyser ses placements actuels (assurance-vie, PEL, PEA…) : sont-ils compatibles ?

Refuser les produits à intérêts : épargne classique, livrets bancaires, crédits…

Se former à la lecture éthique des contrats : c’est ce que nous proposons chez ETHIC

Explorer des alternatives patrimoniales halal : immobilier, ETF éthiques, épargne salariale halal, etc.

À retenir

Riba, Gharar, Maysir ne sont pas des freins à l’investissement.

Ce sont des garde-fous éthiques, conçus pour protéger les individus et rétablir une relation saine à l’argent.

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